Toi mon toit

Cela vous «chicote-t-il» qu’un professionnel de l’image fasse la promotion de ses photographies ET de ses services dans un même site web? Clients, contacts et amis sur LinkedIn ont une réticence à être objectifs quand je leur pose la question. Pourriez-vous l’être pour moi ?
Le titre « Toi, mon toit », emprunté de cette chanson iconique des années 80, résonne avec l’idée de trouver un refuge, une authenticité dans un monde inondé d’images numériques. Explorons pourquoi la photographie pure, charnelle et sans artefacts reste plus pertinente que jamais. Je vous entends, je contribue aussi à la prolifération des photos numériques, celle-là même qui pollue la rétine. Si j’avais pu me tapir dans l’ombre et faire mon chemin incognito tout en gagnant ma vie, j’l’aurais fait, mais ce n’est pas le cas.
Fermons les yeux un instant.
Dans notre ère deux point zéro, nous sommes constamment bombardés d’images, que ce soit sur les réseaux sociaux, les publicités en ligne, ou même les algorithmes qui nous recommandent des contenus. Cette surabondance d’images a conduit à une banalisation de la photographie, je ne vous apprends rien. Mais il devient bien difficile de distinguer la qualité artistique du simple contenu visuel. Que faire si fermer les yeux n’est plus suffisant?
Malgré cette saturation, la photographie artistique et professionnelle reste cruciale pour capturer l’essence de notre monde. Je prêche pour ma paroisse bien sûr, mais je pense sincèrement que les photographies vont au-delà de la simple représentation visuelle ; elles capturent des émotions, des histoires, et des perspectives uniques que l’œil humain peut percevoir et transmettre. On doit en placarder sur nos murs, les imprimer, les toucher et les palper. Tout cela me rend une dimension perdue, un sens, le toucher.
Faut-il forcément retourner aux sources quand on s’éparpille?
Dans ce contexte, il devient important de revenir aux bases de la photographie pour mieux comprendre son essence et sa valeur. « Revenir aux sources ne signifie pas nécessairement abandonner le numérique », mais plutôt se reconnecter avec les principes fondamentaux de la photographie : la technique, la composition, et surtout, l’émotion.
Un exemple frappant de ce retour aux sources est la photographie argentique. En utilisant des pellicules et des processus de développement traditionnels, on retrouve une certaine magie et une authenticité dans notre travail. Mais au-delà du médium utilisé, l’essence de la photographie réside dans la capacité à capturer des moments authentiques et à transmettre des émotions sincères.

Ci-dessus, Krystal, un modèle et une complice à Toronto. Elle a posé toute une matinée pour « l’aventurwe et for l’amouur du photo » disait-elle dans son Franglish matinal. Sans d’autres mots, nous sommes allé à la rencontre de ce qui n’est pas palpable. Curieux de parcourir King Street, nous… Bref. Je ne suis pas d’accord avec l’adage qu’une image vaut mille mots, non, une image cache mille mots.
Parfaitement imparfaits.
Dans un monde où la perfection numérique est souvent recherchée, il est important de rappeler que les imperfections font partie intégrante de la nature humaine. Les photographies authentiques, avec leurs défauts et leurs qualités, sont souvent les plus puissantes, car elles reflètent la vraie nature de la vie.
En embrassant la diversité et l’authenticité dans la photographie, nous pouvons mieux apprécier sa valeur et son impact. Chaque photographie devient une fenêtre ouverte sur le monde, nous invitant à voir et à ressentir d’une manière nouvelle et profonde.
Quelle est la raison d’être de la photographie traditionnelle de nos jours?
La photographie artistique et professionnelle continue de jouer un rôle essentiel dans notre société, en nous permettant de voir le monde à travers les yeux des autres. En revenant aux sources de la photographie, en embrassant l’authenticité et en capturant des moments sincères, nous pouvons redécouvrir la magie de cet art intemporel.

Dans « mon habitat naturel, je suis plus derrière mon pinceau que devant la caméra.», paroles de Patricia Bellerose, une artiste peintre exceptionnelle. Je n’étais pas d’accord et souhaitais tirer son portrait afin de partager l’âme qui se dissimule dans les coups de pinceau.
BREF, je suis une brindille virevoltant au gré des photons qui se posent sur un visage ou un monument. Parfois directif, concentré, mais aussi rêveur et contemplatif, mon moi est multiple. Pourquoi compacter tout cela dans un même adjectif qualificatif, photographe ceci, photographe cela. En 14 ans de profession, je refuse de me spécialiser, alors je vous repose la question « un professionnel de l’image peut-il faire la promotion de ses photographies ET de ses services dans un même toit? »
Josias Gob, photographe.
eCom: www.continuum.city
Portfolio: https://www.behance.net/josiasgob
LinkedIn / josiasgob@continuum.city / 514 431-6714